Pâques

Texte Actes 10, v. 36 & 37, 40 : Son message,… la bonne nou-velle de la paix par Jésus Christ, le Seigneur de tous les hommes, vous le savez : Dieu l’a ressuscité le troisième jour

Lectures Actes 10, v. 34 à 43
1 Corinthiens 5, v. 6 à 8
Jean 20, v. 1 à 9

Cantiques Psaume 98, str. 1, 3
AC 475
480, str. 1, 3, 9, 10, 11

« Christ est ressuscité », il est vraiment ressuscité !
Vous connaissez depuis longtemps ce bel Evangile, bonne nouvelle de la vie plus forte que toutes nos morts. Pourtant, vous avez bien fait de venir ce matin pour l’entendre à nouveau. Et vous pouvez l’entendre et le ré-entendre chaque dimanche, appelé aux premiers temps de la vie de l’Eglise : « le jour du Seigneur » . Mais, comme au long des millénai-res, la terre continue à tourner à peu près rond et le monde à vivre mal-gré misères et violences, il semble que nous nous sommes lassés de cette nouvelle, au point que l’on ne fête plus Pâques qu’un dimanche par an. Il est d’autant plus important que je vous le dise et vous le re-dise aujourd’hui : « Christ est ressuscité », il est vraiment ressuscité !

« Ce message…, vous le savez », dit Pierre à Corneille, un capitaine de l’armée romaine, à sa famille et à ses amis. Il s’en est suivi qu’ils ont demandé à recevoir le baptême. Nous ne savons rien d’autre d’eux, mais nous pouvons penser que cela les a peut-être exposés à des diffi-cultés. En effet, les premiers chrétiens ont connu, très tôt, la persécu-tion et même, pour certains, comme Etienne et Jacques, le martyre .
Comme Corneille et les siens, et beaucoup d’autres, nous savons le message de Jésus, Seigneur et Sauveur : l’évangile de Noël, les mira-cles et les paraboles, sa mort sur la croix, et sa résurrection. Nous sa-vons son Ascension, et Pentecôte, avec l’effusion du Saint Esprit. Oui, nous savons tout sur Jésus. Et, comme Corneille et les siens, nous avons été baptisés.
Liés ainsi à Jésus, à sa mort et à sa résurrection, où en sommes-nous de notre vie avec lui ? Avons-nous toujours faim du pain vivant qu’il nous offre, soif de son eau qui désaltère jusque dans la vie éter-nelle ?

Une fois, Jésus a parlé du Royaume des cieux en le comparant au levain qui fait lever toute la pâte . Beau et bon levain qui rend nos vies savoureuses comme du bon pain ! Mais, pour reprendre l’image de Paul dans sa lettre aux Corinthiens, on peut aussi laisser fermenter en nous un levain de méchanceté et de perversité. Quel levain fermente en nous ? Quel levain laissons-nous fermenter dans le cœur, l’esprit et l’âme de nos enfants ? « Ne savez-vous pas qu'un peu de levain fait le-ver toute la pâte ? Purifiez-vous du vieux levain pour être une pâte nou-velle. » nous dit Paul. Une pâte nouvelle ! Comme un recommencement de la vie, une vie nouvelle. « Vous êtes ressuscités avec le Christ » .

« Christ est ressuscité », il est vraiment ressuscité !
Et nous sommes « ressuscités avec le Christ ».
Si, ce matin, je parviens à dire pour vous cet Evangile, avec la puis-sance de l’Esprit de Dieu, de telle façon que vous puissiez l’entendre et le recevoir, alors, frères et sœurs, vous ne serez pas venus pour rien, et ce ferment du Royaume rendra vos vies savoureuses comme du bon pain. Mais pour que ce pain ne devienne pas un « étouffe-chrétien » , il faut que la pâte en soit toujours à nouveau travaillée. Temples et égli-ses, ouverts « le jour du Seigneur » , sont le fournil divin où nos vies, pétries par la douce parole du Ressuscité, peuvent lever en vies de res-suscités avec le Christ.

Sans doute, sans doute, me direz-vous, mais le Ressuscité, nous ne l’avons pas vu. Vous n’êtes pas les seuls. Si Marie de Magdala, Pierre, Jean, ou Thomas, célèbre par son « si je ne le vois et si je ne le touche, je ne croirai pas… » , ont eu, avec quelques autres, le privilège de le voir, ni Corneille, ni les siens, ni beaucoup d’autres, ne l’ont vu ; sim-plement, ils ont cru la parole des témoins . Nous ne sommes pas en-core dans le temps de la vue, mais dans celui de la foi, temps marqué par la béatitude : « Bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru. » .
Comme vous, je n’ai pas vu le Ressuscité, mais, avec « la grande nuée des témoins » , je crois qu’il est vivant, qu’il est le Vivant. En sa mort, il a vaincu la mort. Il est ressuscité, il est vraiment ressuscité.

Oui, « Christ est ressuscité », il est vraiment ressuscité ! Et vous êtes ressuscités avec lui !

Ah ! Frères et sœurs, que, pour nous, Pâques ne soit pas seulement l’Evangile d’un seul dimanche dans l’année, mais qu’au premier jour de chacune de nos semaines, nous retrouvions cette puissance de l’Esprit de Dieu qui, tel un levain, fait lever la pâte de nos vies pour les rendre savoureuses comme du bon pain !

Et, dans ce monde de mort où « les foules sont harassées et pros-trées comme brebis qui n’ont pas de berger » , nous serons les té-moins du Christ ressuscité. Et nous donnerons à d’autres, à beaucoup d’autres, envie de se nourrir, avec nous, du pain substantiel qui donne la vie.


Dimanche 12 avril 2009, Pâques : Agen