Texte Proverbes 9, v. 1 à 6

Lectures Proverbes 9, v. 1 à 6 & 13 à 18
Ephésiens 5, v. 15 à 20
Jean 6, v. 51 à 58

Cantiques (recueil Arc-en-Ciel) Ps. 36, str 1, 2
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Quand nous faisons nos courses, avec sagesse, nous examinons les étiquettes précisant le contenu des produits et leur prix. Dans le super marché mondialisé des idées et des religions, en faisons-nous autant ? S’il est important d’apprendre à lire les étiquettes, combien ne l’est-il pas davantage d’apprendre à distinguer entre sagesse et folie !

Dans les Proverbes, la Sagesse et Dame Folie préparent l’une et l’autre un festin et envoient leurs servantes pour transmettre leur invitation. Mais, l’un est festin de vie, l’autre festin de mort. Jésus, qui a été assimilé à la Sagesse des Proverbes , oppose « la nourriture qui périt à celle qui subsiste pour la vie éternelle ». Il y a nourriture et nourriture, et il faut discerner entre celle qui fait vivre et celles qui ne nourrissent pas. « Pourquoi, demandait Esaïe, dépensez-vous votre argent pour un pain qui ne nourrit pas ? » .
C’est Jésus qui est le pain de vie. En écho à la Sagesse des Proverbes qui dit : « Mangez de mon pain… et vous vivrez », Jésus dit : « Je suis le pain vivant qui descend du ciel. Celui qui mangera de ce pain vivra pour l’éternité » .
A quelle invitation répondons-nous ? Celle de la Sagesse ou celle de Dame Folie ?

Ainsi, frères et sœurs, il y a une nourriture de vie. Elle porte un nom, et un nom d’homme : Jésus. Le pain de vie, c’est lui. Sa chair est vraie nourriture, son sang breuvage d’éternité ; au point qu’il peut dire : « Celui qui me mange vivra par moi ».
Disant cela, il provoque des réactions violentes et scandalisées : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Mais il redit alors plus explicitement : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas en vous la vie. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour » . Pour avoir la vie, il faut « manger la chair du Fils de l’homme et boire son sang ». Et pour le cas où quelqu’un aurait mal entendu, Il dit encore : « Celui qui me mange vivra par moi ». « Si l’âme n’est pas repue du pain céleste, aussitôt elle mourra de faim », écrit Calvin .
Avec l’apôtre, nous pouvons dire : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi » . La loi, fût-elle révélée au Sinaï, était gravée sur tables de pierre ; Christ est la Parole de Dieu gravée en nos cœurs . C’est cela qui fait toute la différence entre Christ, Sagesse de Dieu qui vit en nous, et les sagesses de ce monde, qui nous restent toujours extérieures.
Entendez l’invitation de la Sagesse : « Allez, mangez de mon pain, buvez du vin… et vous vivrez ! », invitation reprise dans le dernier livre de la Bible : « Heureux ceux qui sont invités au festin des noces de l’agneau » .

C’est dans la Sainte Cène, préfiguration du grand festin du Royaume de Dieu, que nous est offert ce pain vivant et vivifiant. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui », dit Jésus . Au sens propre, on parle ici de « communion » : Christ demeure en nous et nous en lui.

Mais il n’y a ici rien de magique. Il y faut notre consentement, une démarche personnelle, dans la durée. Ce que nous rappelle l’épître de ce jour : « Soyez vraiment attentifs à votre manière de vivre, conduisez-vous non comme des fous, mais comme des sages ». Et l’apôtre ajoute : « Soyez remplis de l’Esprit » . Aux ivresses de ce monde qui ne laissent après elles qu’ « un vide affreux, il oppose la plénitude de la vie en Christ… qui trouve son aliment dans le culte de la communauté : le chant de l’Eglise : des psaumes, des hymnes, des cantiques spirituels » .

Il y a toujours le risque que nous étouffions Christ , qui vit en nous, pour vivre selon d’autres sagesses. Entre la Sagesse et Dame Folie, qui, en des termes semblables, nous invitent à un festin, il faut choisir. L’un est festin avec les ombres et la mort, l’autre festin de la vie. Comme le dit Calvin, si nous ne sommes pas « repus du pain céleste, nous mourrons de faim » . Soyons donc sages et intelligents. Soyons remplis de l’Esprit.
C’est à l’invitation de la Sagesse qu’il faut répondre : « Venez vous nourrir à ma table et boire le vin que j’ai préparé ». A cette table, Jésus, « sagesse de Dieu » , s’offre à nous comme le pain qui rassasie jusqu’en éternité.
Mangeons la Parole qui nous est offerte pour que Christ « demeure en nous et nous en lui ».

Une fois nourris de ce pain de vie et désaltérés de ce vin généreux, allons par les rues et les places de nos cités pour inviter les hommes de ce monde à partager avec nous le festin de son amour : « Pour que le monde ait la vie » . Il en a tellement besoin !


Dimanche 16 août 2009 : Agen