"Tu es le Christ"

Texte Marc 8, v. 29

 

Chaque dimanche, la confession de la foi est un moment essen-tiel de notre culte. Au cœur de ce monde en souffrance, nous procla-mons que Jésus, le Christ, est le Sauveur. Parce que « nos cœurs ont été visités par l’Esprit de Dieu » , nous sommes de ceux qui ont reçu cette révélation. Quelle grâce que d’en avoir été les bénéficiaires, comme Pierre et les Douze. Un jour, Jésus dit à ses disciples qu’à cause de cela, ils étaient plus heureux que beaucoup de prophètes et de rois ! A Césarée de Philippe, il a demandé aux Douze de garder le si-lence ; mais après sa résurrection, il leur a, au contraire, confié la mis-sion de s’en faire les hérauts jusqu’aux extrémités de la terre et jusqu’à la fin du monde .

C’est la spécificité de l’Eglise que de dire et redire, de génération en génération et du levant au couchant, que Jésus est le Christ, de pro-clamer la Bonne Nouvelle que Jésus est le Sauveur du monde.
Mais qui donc le proclamera si les chrétiens désertent temples et églises ? Commentant le texte d’Esaïe de ce jour, un prêtre catholique parle de « débandade générale » . Pourtant, ici, nous n’avons à craindre ni la persécution ni le martyre, contrairement à ce que risquent nos frè-res en la foi dans plus de 50 pays du monde, où confesser Christ Sei-gneur et Sauveur, lire la Bible, participer au culte exige un grand cou-rage . Alors, chez nous, pourquoi cette « débandade générale », le di-manche matin ? Peut-être que les médias, dans leurs éditions du lundi, se feraient-il l’écho de cette Bonne Nouvelle du Christ-Sauveur, si, cha-que dimanche, temples et églises rassemblaient plus de monde que les gradins des stades !

Aujourd’hui, Jésus nous pose à nouveau la question : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Au jour de notre baptême ou de notre confirmation, nous avons confessé notre foi : « Jésus-Christ est le Sei-gneur », confession de foi qui est redite par les pasteurs, par les conseillers presbytéraux, par les prédicateurs laïcs lors des cultes de leur installation. Car, confesser Jésus, Seigneur, c’est la spécificité de l’Eglise. Elle est la seule à pouvoir le faire. En raison même de ce « bon dépôt » qu’elle a reçu, avec la charge de le transmettre, elle ne peut se déclarer en faillite. Ainsi, l’exhortation de Paul à Timothée garde toute sa pertinence aujourd’hui : « Je te rappelle d'avoir à raviver le don de Dieu qui est en toi depuis que je t'ai imposé les mains. Car ce n'est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de maîtrise de soi. N'aie donc pas honte de rendre témoi-gnage à notre Seigneur et n'aie pas honte de moi, prisonnier pour lui. Mais souffre avec moi pour l'Évangile, comptant sur la puissance de Dieu » .

Mais attention : ce qui caractérise la seigneurie de Jésus, c’est la croix . Quand vous allez au stade Armandie soutenir le SUA, vous comptez sur sa victoire ; s’il vient à connaître la défaite, c’est la décep-tion. De même, quand vous soutenez le candidat de votre parti, vous le voulez gagnant, et vous faites triste figure s’il perd. Jésus, lui, nous parle de renoncement, de porter sa croix. Comme il s‘est fait serviteur, et serviteur souffrant, assumant cette condition jusqu’à la croix, c’est aussi le chemin que le disciple doit suivre, car le serviteur n’est pas au-dessus de son maître. Etre disciple du Christ-Seigneur peut n’être pas de tout repos !

Ce n’est pas notre cas pour le moment. Nous ne risquons ni la per-sécution, ni le martyre. Au bénéfice de cette grâce, redoublons de fidéli-té dans la confession de notre foi, disant, avec Pierre et tant d’autres à travers le temps et l’espace, que Jésus est le Christ, le Sauveur du monde ! Quelle grâce que de pouvoir porter cette confession de foi en Eglise, les uns avec les autres ! Retrouvons persévérance et fidélité dans le service du Seigneur et la confession de notre foi pour que ce monde, perdu dans ses crises politiques, économiques, sociales, hu-maines, sache que Jésus est le Christ, le Seigneur et le Sauveur.
En cette année Calvin, nous faisons, une fois encore, mémoire de nos pères les huguenots allant au Désert, par fidélité au Christ, au ris-que de leur liberté et de leur vie. Nous qui pouvons aujourd’hui, sans risque, nous dire chrétiens, avoir chez nous une Bible, la lire tranquil-lement, venir au culte le dimanche, ne manquons pas une occasion de confesser notre foi. Comme au temps du bon vieux Josué, nous som-mes interpellés : « Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir. Pour moi…, je servirai le Seigneur » .

Frères et sœurs, n’abandonnons pas nos saintes assemblées . l’Eglise est dressée dans cette cité pour y proclamer que Jésus est le Christ, le Seigneur, le Sauveur du monde. Encore faut-il que, par leur présence, les fidèles qui la constituent en fassent une Eglise visible et vivante !

A la question que Jésus nous pose aujourd’hui : « Vous, qui dites-vous que je suis ? », répondons : « Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime » . Et soyons fidèles en amour, fidèles dans notre amour pour Dieu.

Dimanche 13 septembre 2009 : Agen